Lettre d'information santématernelle.pro
Extrait du numéro de Novembre 2016


Le Docteur Claudine Nobou Diango, médecin de santé publique, est la directrice de la Direction des Soins infirmiers et maternels (DSIM) du Ministère de la santé et de la lutte contre le SIDA de Côte d'Ivoire. Nommée depuis octobre 2014 et en poste depuis le 3 janvier 2015, le Docteur Diango nous explique l'importance de cette direction pour la population ivoirienne:

Quelles sont les raisons de la création de la Direction des soins infirmiers et maternels ?

Le gouvernement ivoirien ayant conscience que la santé est un facteur important de développement d’un pays s’est proposé  de renforcer les systèmes de santé en la dotant de certaines structures.  Ainsi a été créée  la Direction des Soins infirmiers et maternels, à l’effet de mettre un accent particulier sur la promotion de la qualité des soins infirmiers et maternels dispensés aux populations.

La direction étant l’ancrage institutionnelle des infirmiers(es) et sages-femmes œuvre à l’encadrement de ces professionnels qui sont les premiers contacts avec la population et dont les prestations se situent à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Majoritaires au niveau des ressources humaines, ils constituent les relais entre les populations et les médecins.

 La DSIM dans sa mission de promotion de la qualité des soins fait d’une priorité la santé des populations les plus vulnérables que sont les femmes et les enfants.

A cet effet, la création de cette Direction témoigne de la volonté du gouvernement ivoirien de réduire de façon drastique la mortalité maternelle et néonatale, pour arriver en 2030 à un taux de mortalité néonatale et infantile de 12 pour mille naissances vivantes.

La DSIM représente un ancrage institutionnel important pour les 12470 infirmiers et les 5360 sages-femmes recensées dans le secteur public et le secteur privé en Côte d'Ivoire. Elle permet une meilleure régulation des pratiques de ces professionnels  et contribue à l'amélioration de la qualité des soins.

En ciblant les populations à risque, la DSIM met l’accent sur les soins de santé primaire et participe de façon majeure à la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile.

Comment cette direction va-t-elle œuvrer avec le ministère de l’enseignement supérieur, les écoles, la direction des ressources humaines de la santé et les associations pour s’assurer que la Côte d’Ivoire dispose du personnel compétent et motivé pour tous les services SMNI ?

La DSIM travaille en étroite collaboration avec tous les acteurs et parties prenantes du secteur de la santé, notamment avec la direction des ressources humaines de la santé, le ministère de l'enseignement supérieur, les écoles de formation notamment l’Institut National de Formation des Agents de Santé (INFAS)  et les associations professionnelles.

Ainsi, la collaboration avec les associations est développée pour booster  la promotion des soins infirmiers et maternels sur tout le territoire en les maintenant en phase avec les orientations et stratégies prises par le gouvernement.

La DSIM accompagne le travail de l'ordre des sages-femmes nouvellement créé en 2015 et fait en sorte que les sages-femmes aient de bonnes pratiques sur  le terrain. Elle  travaille en étroite collaboration avec la direction des ressources humaines de la santé et veille à ce que les infirmiers(es) et sages-femmes soient équitablement répartis sur tout le territoire ivoirien, grâce notamment à un projet de fidélisation en zones rurales selon l’OMS.

Les relations avec l'enseignement supérieur et avec l'Institut de Formations des Agents de Santé consistent à veiller à la qualité des formations et à s'assurer que les agents et les cadres de santé sont effectivement bien formés. Les sages-femmes bien formées doivent être en mesure de dispenser 87% des soins de la mère et être opérationnelles à la fin de leur formation.

Quelles sont les priorités d’action et quelle est la stratégie en cours de développement avec l’appui du Fonds français Muskoka ?

Aux vues de la situation sanitaire et des ressources humaines en santé de la Côte d'Ivoire, la Direction des Soins infirmiers et maternels se donne plusieurs priorités d'actions pour répondre aux besoins vitaux des populations, priorités d'actions soutenues par le Fonds français Muskoka. Ces priorités concernent le renforcement de la qualité de la formation et notamment le renforcement de la qualité des soins obstétricaux et néonatals, la revalorisation et la promotion de la profession de sage-femme, la ré-humanisation des soins, le droit du client, l'application des normes et procédures en matière de soins, et la réduction significative de la mortalité maternelle, infantile et néonatale. Ces priorités participeront ainsi au renforcement des services de santé, auront un impact à la hauteur des attentes de la population et permettront une diminution des taux de mortalité maternelle, néonatale et infantile.

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Réponses

  • J'ai lu l'interview et je pense que Madame la Directrice aurait pu aller plus loin dans ses propos pour éclairer davantage les acteurs de la santé sur les missions et attributions de la DSIM.
    premier : quelles actions concrètes mène la DSIM pour améliorer les compétences des infirmiers et sages femmes? deuxième: la DSIM travaille dit-elle en étroite collaboration avec l'INFAS, quelle est donc son niveau d'influence pour un recrutement des élèves avec des connaissances générales acceptables, comment veille -t-elle pour que les 3 ans de formations IDE et SFDE soient de qualité acceptable et répondent aux normes nationales et internationales (la compétence de certains IDE et SFDE est décriée sur le terrain)? troisième: Avec la Direction des ressources humaines comment s'assure -t-elle que le personnel est équitablement réparti sur le territoire ivoirien? comment s'assure t-elle qu'une sage femme affectée dans les contrées rurales difficiles trouve la motivation pour y rester? et les motifs de refus d'aller exercer dans les zones rurales reculées sont-ils bien connus de la DSIM pour ensuite entreprendre des plaidoyers et des actions pour satisfaire réellement ce personnel?
    ces questions sont posées pour que la réflexion aille plus loin et contribue à faire bouger les failles constatées dans le sens de l'amélioration.
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